Frise chronologique
1114
Fondation par Géraud de Salles
Fondation par Géraud de Salles
1114 (≈ 1114)
Création sous règle bénédictine, reconnue en 1117.
1144
Rattachement à Cîteaux
Rattachement à Cîteaux
1144 (≈ 1144)
Devenue abbaye cistercienne, fondatrice de Fontfroide.
1253
Consécration de l’église
Consécration de l’église
1253 (≈ 1253)
Église de 100 m de long dédiée.
1279-1290
Fondation des bastides
Fondation des bastides
1279-1290 (≈ 1285)
Beaumont-de-Lomagne et Grenade créées en paréage.
1791
Abandon et vente
Abandon et vente
1791 (≈ 1791)
Moines partent, biens nationaux vendus.
1793-1815
Démolition progressive
Démolition progressive
1793-1815 (≈ 1804)
Cloître, église et hôtellerie rasés.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Personnages clés
| Géraud de Salles - Fondateur de Grandselve |
Ermite, initie le monastère en 1114. |
| Saint Bernard - Figure cistercienne influente |
Reçoit l’abbaye en 1145 à Clairvaux. |
| Bertrand I - Premier abbé cistercien |
Consacre l’abbaye à Cîteaux en 1145. |
| Philippe le Hardi - Protecteur royal |
Soutient la fondation des bastides. |
| Eustache de Beaumarchès - Sénéchal de Toulouse |
Représente le roi pour les paréages. |
| Mireille Mousnier - Historienne moderne |
Auteure d’une étude majeure sur Grandselve (2006). |
Origine et histoire
L’abbaye de Grandselve, ou Grandis Silva, fut fondée en 1114 par Géraud de Salles sous la règle bénédictine, avant de rejoindre l’ordre de Cîteaux en 1144. Implantée en Gascogne, près de Verdun-sur-Garonne, elle dépendait du diocèse de Toulouse et devint un centre spirituel et économique majeur du Midi. Son église, longue de 100 mètres, fut consacrée en 1253 après des décennies de construction. L’abbaye contrôlait un vaste domaine de 20 000 hectares, exploitant moulins, tuileries, vignes, et possédant des biens à Toulouse, Paris, et Bordeaux, où elle expédiait 300 barriques de vin par an.
Grandselve fonda plusieurs abbayes filles, dont Fontfroide (1144) et Santes Creus (1152), et participa à la création des bastides de Beaumont-de-Lomagne (1279) et Grenade (1290). Protégée par des figures comme Richard Cœur de Lion ou Philippe le Hardi, elle déclina à partir du XIVe siècle, victime des guerres (Cent Ans, compagnies anglaises) et du régime de la commende. En 1791, les moines l’abandonnèrent, et les bâtiments furent vendus comme biens nationaux avant d’être démolis entre 1793 et 1815.
Aujourd’hui, il n’en reste que la porterie du XVIIIe siècle, des chapiteaux au musée Ingres-Bourdelle (Montauban), et sept reliquaires conservés dans l’église de Bouillac. Les vestiges témoignent de son rayonnement passé, tandis que les archives et études locales (comme celles de Mireille Mousnier) perpétuent sa mémoire. L’abbaye illustre l’influence cistercienne en Occitanie, mêlant pouvoir spirituel, innovations agricoles, et rôle urbanistique via les bastides.